• Accueil
  • > Archives pour septembre 2010

Archive pour septembre, 2010

La République est abimée

 

Le droit d’exprimer ses convictions est à la base du système démocratique. Et pourtant, à l’Assemblée nationale, on a refusé ce droit fondamental à vos représentants de l’opposition. Monsieur le Président de l’Assemblée, chargé de par sa fonction de faire respecter le règlement qui régit les temps de parole, n’avait ni le droit moral ni le droit juridique de mettre fin au débat sur les retraites. Au-delà de Monsieur Accoyer, personne n’est dupe, un Président en cache un autre. Si la Droite parlementaire, aux ordres de l’Elysée, use de manœuvres inqualifiables pour museler vos représentants, c’est parce qu’elle a peur d’une vérité qui apparait chaque jour avec plus de clarté à nos concitoyens : la réforme du gouvernement cumule la plus profonde inefficacité avec les plus grandes injustices.

Avec le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, c’est un élément essentiel du pacte social qui tombe.  A l’ouvrier qui a commencé à travailler à dix-huit ans, le gouvernement impose d’accomplir quarante-quatre annuités de cotisations pour pouvoir partir à la retraite. Pour le cadre qui a commencé à travailler à vingt-deux ans, rien ne va changer : il ne pourra pas partir à soixante ans, en tout cas pas sans décote, ce qui fait que son plan de vie ne sera pas modifié. Ou est l’équité, ou est la justice sociale alors que l’on sait qu’il y a 10 ans de différence d’espérance de vie à 35 ans en bonne santé entre un ouvrier et un cadre ?

Et quid de la pénibilité ? Rien ou pas grand chose. La médicalisation de la pénibilité n’est pas acceptable, quand bien même le taux d’incapacité soit ramené à 10%.  Le nombre de personnes concernées sera en effet d’environ 20 000 par an, bien loin de la réalité du terrain. En 2008, un rapport parlementaire estimait à 20 millions le nombre d’actifs concernés par au moins un des critères de pénibilité, soit 80% d’entre eux, et à un million le nombre de ceux susceptibles de bénéficier d’une compensation à ce titre. La retraite ne saurait en aucun cas être la « récompense » de l’invalidité : les ouvriers et salariés ont le droit d’en jouir en bonne santé. 

On eu parle moins mais l’effet de la mesure est tout aussi scandaleuse que les autres : l’âge auquel on peut percevoir une pension calculée sans décote va passer de 65 à 67 ans. Cette mesure va toucher les salariés aux carrières incomplètes, c’est à dire les plus précaires et singulièrement les femmes. Des économies, mais pour quel coût social ? Un nouvel appauvrissement de millions de nos concitoyens, dont les carrières ne se résument pas au long fleuve tranquille du CDI. 

Au final, il est une constante immuable dans les principales mesures de la réforme de la retraite : leur injustice sociale. Elles frappent toutes les moins favorisés, les ouvriers, la classe moyenne alors qu’aucun effort n’est demandé aux plus riches ou au capital. Tout repose sur ceux qui en ont le moins, sans la moindre notion de solidarité nationale !

Ce recul social ne garantit pas l’avenir. La réalité, c’est que la Droite navigue à vue. Incapable de proposer un projet qui permette d’équilibrer à moyen et long terme les retraites, elle pille le fonds de réserve des retraites créé par Lionel Jospin. Alors que celui-ci gouvernait en anticipant les problématiques démographiques qui se poseront vers 2020-2025, la droite vide les caisses en laissant le soin à la prochaine génération de se débrouiller.

Est-ce si étonnant de la part du gouvernement ? Evidemment, non. La crise n’est qu’un prétexte fallacieux. Rien n’oblige le gouvernement à mener cette politique qui, contrairement à ce qu’il affirme pour rassurer l’opinion, est la plus lourde d’Europe. D’ailleurs, derrière le rideau des déclarations rassurantes au grand public en ce qui concerne la sauvegarde du système par répartition, le discours est bien plus nuancé lorsqu’il s’adresse aux médias spécialisés dans l’économie.

Ultralibéralisme oblige, depuis 2007, sa politique économique est tournée vers un seul et même objectif : protéger les plus riches à tout prix. Bouclier fiscal pour les grandes fortunes à l’image de Madame Bettencourt à qui le fisc à récemment remboursé 30 millions d’euros, baisse d’impôts sur le revenu pour les plus aisés… au total, pas moins de 15 milliards d’euros de manque à gagner ! Et pour tous les autres, c’est moins de policiers dans les rues, moins de professeurs dans les écoles, moins de magistrats dans les tribunaux, moins de personnel dans les hôpitaux, en d’autres termes, moins de services publics, moins de tout ce qui fait notre qualité de vie au quotidien : les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.  

Stigmatiser les roms, empêcher l’expression de l’opposition ne suffira pas à bâillonner l’expression populaire. Nos concitoyens ont massivement manifesté la semaine dernière leur opposition à la réforme des retraites. Leur mobilisation, je l’espère, sera plus grande encore pour la journée du 23 septembre.

A côté du combat citoyen et syndical, il y a le combat politique. Vous pouvez compter sur moi pour faire entendre avec force et détermination votre voix.

12

MARS Centrafrique |
Bling-bang-blog du 6 mai |
Le vécu Algérien |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Blog "Ensemble, dynamisons ...
| EUROPAC PAPETERIE DE ROUEN
| DES IDEES ET DES REVES Nord