Archive pour mai, 2010

Pour une société de dignité

L’immense majorité des musulmans vivent leur foi dans le respect des valeurs de la république, tout comme l’immense majorité des adeptes des autres religions représentées dans notre pays. Il est cependant possible que certaines pratiques religieuses ou coutumières minoritaires ne soient pas compatibles avec les fondements de notre démocratie. Cela est aujourd’hui le cas pour le voile intégral dans l’espace public. Ce n’est pas une question religieuse, ni une question de laïcité, il s’agit ici du plus élémentaire respect de la dignité de la femme en tant que citoyenne que de lui permettre d’accéder aux interactions sociales. Pouvoir se connaître et se reconnaître à visage ouvert est la condition sine qua non de la vie en société. Tout texte de loi qui sera dans la logique du respect de la femme et du citoyen, et hors de toute stigmatisation, fera l’objet d’un examen par les socialistes.

L’actualité nous amène une nouvelle fois sur le terrain économique et social. La très légère baisse du chômage en mars doit être prise avec intérêt, mais sans triomphalisme alors que la situation économique reste excessivement fragile et que tant de nos concitoyens souffrent au quotidien de la crise. En ce qui concerne les retraites, j’aurais l’occasion d’y revenir à de nombreuses reprises ces prochaines semaines, les socialistes proposeront un contrat réaliste avec nos concitoyens, qui prendra en compte l’allongement de la vie et des études, la volonté de chacun, la pénibilité du travail et le maintien du niveau des retraites. Si les difficultés sont réelles, je crois pour autant qu’il ne faut pas les dramatiser a outrance. Gardons-nous notamment de l’intoxication des chiffres, et de leur interprétation excessive ! Les solutions existent pour maintenir le système par répartition et le départ à la retraite à 60 ans, qui seuls permettront de garantir à chacun un niveau de retraite décent. Les socialistes veulent se donner les moyens de cette ambition en recherchant de nouvelles sources de financement. Malheureusement, je ne cache pas une certaine inquiétude tant cette volonté ne semble pas être partagée par le gouvernement.

Mardi, lors du Conseil National auquel j’ai participé, nous avons adopté notre projet qui sera proposé au vote des militants le 20 mai. Ce projet offre une véritable alternative, c’est à dire un modèle politique différent, résolument à gauche, parfaitement adapté aux enjeux de la société du XXIe siècle. Nous voulons une société du bien-être, plutôt que du tout avoir. Il nous faut produire, mais produire mieux pour donner un nouveau contenu à la croissance. Dans cette optique, il nous faudra impulser des mutations de grande importance. Ainsi, nous donnerons la priorité au long terme face à la tyrannie du court terme : nous agirons afin de remettre la finance au service de l’économie, retrouver des instruments de pilotage de notre économie et bâtir une économie sociale et écologique de marché. Par ailleurs, il nous faut tendre vers une société de la création, basée sur l’innovation et la recherche, plutôt que celle de la fausse performance, basée sur la mise sous pression des individus. Ensuite, notre société doit devenir plus juste : l’écart grandissant entre les riches et les autres n’est plus supportable et constitue un scandale quotidien. Nous remplacerons l’impôt sur le revenu et la Contribution Sociale Généralisée (CSG) par un grand impôt citoyen sur le revenu, plus large et plus progressif. La fiscalité locale sera elle aussi réformée afin de permettre une péréquation entre les collectivités les plus riches et les plus pauvres. Enfin, il est nécessaire de donner à chacun les moyens de maîtriser son destin  en revalorisant le travail et en engageant une reconquête de la dignité des travailleurs qui passe, nous en sommes convaincus, par une sécurité sociale professionnelle. Celle-ci permettra d’amortir les chocs de la vie et de garantir des droits personnels à la formation tout au long de la vie. En tout état de cause, il ne peut y avoir de bien être sans respect. Nous ne voulons plus de la société du mépris. Nous croyons à la responsabilité à l’égard de chacun, mais aussi à la responsabilité de chacun à l’égard des autres. Cette exigence passe par l’accès réel pour tous aux droits fondamentaux et notamment celui de l’éducation, aujourd’hui abandonné des politiques publiques. Nous refonderons l’école pour mettre un terme à la spirale de l’échec et de l’exclusion. Par ailleurs, la ville doit se réinventer pour devenir un espace de solidarité et de vie pour ses habitants. Nous favoriserons la reconstruction des villes afin de mêler les différentes fonctions de la vie : logement, activités de production, culture, sport… La société a oublié l’attention aux autres. Notre idéal, c’est la société solidaire qui prend soin de chacun et notamment des ainés ; de leurs emplois et de leurs retraites. C’est aussi l’attention au monde : le Président de la République est partout, mais la France est nulle part. Nos valeurs ne sont pas défendues, notre pays ne joue plus de rôle moteur dans le contexte de la mondialisation. Il nous faudra par ailleurs impulser une réorientation de l’Europe vers une ambition sociale, industrielle et scientifique qui passe notamment par un gouvernement économique. A cet égard, la solidarité envers la Grèce, victime du néo-libéralisme, doit s’exprimer avec force. Enfin, nous voulons une république citoyenne. Les socialistes proposeront une VIe république, plus morale, plus décentralisée,  afin de rompre avec les dérives de privatisation de la république.


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