Archive pour mai, 2010

Solidaires en France, Solidaires en Europe

Le sommet social de l’emploi, annoncé il y a plusieurs mois par le Président de la République, a eu lieu lundi dernier. Son bilan est aussi décevant qu’inquiétant. En cette grave période de crise, l’Etat se devrait d’agir et d’être présent afin de répondre aux souffrances de nos concitoyens frappés par ce fléau destructeur qu’est le chômage. Le gouvernement a fait un autre choix. Evidemment, l’information n’est pas nouvelle : j’ai eu à de très nombreuses reprises l’occasion, depuis fin 2008, de m’opposer publiquement à une politique que j’estimais être aussi injuste qu’inefficace, et qui n’a pas fondamentalement évoluée depuis lors. 18 mois après le début de la crise financière, l’échec économique de la Droite est patent. Pour autant, il n’était pas trop tard pour changer de cap ; le sommet social était l’occasion de mettre un coup de frein à la politique de cadeaux fiscaux aux plus riches pour proposer de nouveaux dispositifs de redistribution au profit des classes moyennes et populaires, dont on connaît le rôle majeur pour la croissance. Hélas, la montagne de mots a accouché d’actions de souris : Nicolas Sarkozy a annoncé la reconduction de la politique de soutien à l’emploi qui, sans être inutile, est tout à fait insuffisante et, comble pour un sommet dit « social », la suppression des aides telles que la remise sur l’impôt sur le revenu, la prime de 150 euros aux ménages modestes et les bons d’achats pour des services à la personne. Plus grave encore, la politique de rigueur annoncée semble se confirmer avec, à la clef, un gel des budgets et des milliers de suppressions de postes en perspective. Au final, qu’on l’appelle « rigueur » ou « cueillette des olives en Basse-provence » comme l’ironise Jean-François Copé, ce sont bien les ménages modestes et les classes moyennes qui en feront les frais. Moins d’Etat, c’est plus d’injustice et moins de services publics.

Ma colère de la semaine sera pour Alain Minc, qui a proposé, vendredi 7 mai, que les dépenses de soins des « très vieux » soient imputées à leur patrimoine ou à celui de leurs ayants droit. A l’appui de cette théorie démagogique, il cite le cas de son propre père âgé de 102 ans, pour qui la prise en charge pendant 15 jours aurait couté 100 000 euros à l’Etat. Lorsque Pinnochio ment, son nez s’allonge…  Le gros mensonge du conseiller du Président de la République n’est pas plus passé inaperçu ! En réalité, le coût de l’hospitalisation dont il fait référence se monte à 20 000 euros et non 100 000 euros, soit une confortable erreur de 80 000 euros. Pour un économiste, on pourrait s’attendre à une rigueur intellectuelle plus importante. La forme pourrait prêter à sourire si le fond de son argumentation n’était pas aussi inacceptable. Au delà de sa situation privée, remettre en cause le principe de solidarité sous prétexte que cela coute cher est tout à fait inconcevable : il s’agirait ni plus ni moins que d’instaurer une médecine à deux vitesses ; les personnes âgées riches pouvant se soigner, les pauvres âgés étant interdits de soins. Jamais nous ne l’accepterons.

Mon attention sera pour les travaillistes britanniques que l’on a un peu trop rapidement enterrés sous les coups de pioches des mauvais sondages de ces derniers mois. Je tiens en effet à saluer le score très honorable du Labour Party aux élections législatives : dans un contexte de crise mondiale, ce résultat démontre une reconnaissance certaine des électeurs envers le bilan, jugé globalement positif, de 13 ans de gouvernement. Sous l’impulsion de Tony Blair et Gordon Brown, le pays s’est lentement remis de plus de 15 ans de thatchérisme, c’est à dire de la quintessence de l’ultralibéralisme destructeur. Pour ce faire, des moyens considérables ont été alloués pour l’éducation publique, pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients dans le cadre du National Health Service (Sécurité Sociale Britannique), pour l’augmentation des bas salaires, pour la re-nationalisation de la société gestionnaire des chemins de fer (notre RFF). Si l’usure du pouvoir a indubitablement fait son œuvre, les Britanniques n’ont pas soutenus massivement les Tories de David Cameron : ils n’obtiennent pas la majorité des sièges à la chambre des communes. Ce parlement sans majorité, du jamais vu depuis 1974, oblige les conservateurs à une alliance inédite –et assez contre nature – avec les libéraux-démocrates.

Pour rester sur le champ européen, je suis déçue de la Chancelière Allemande Angéla Merkel qui a contribuée à différer l’aide à la Grèce, mettant ainsi en péril l’ensemble de la zone euro. J’ai bien évidemment une pensée pour le peuple grec à qui l’on impose une cure d’austérité, un recul social sans précédent, qui, je le crains, risque d’aggraver encore la situation de leur pays. J’exprime ma solidarité envers le Premier Ministre Georges Papandréou qui, à son arrivé aux responsabilités, à trouvé cette situation dramatique.

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