Archive pour avril, 2010

Chassons les nuages !

Eyjafjöll, le fameux volcan islandais au nom imprononçable, cloue depuis maintenant près d’une semaine les avions du nord de l’Europe. Je ne partage pas l’opinion de ceux qui pensent que la menace a été exagérée : l’irruption a provoqué un nuage de cendre contenant des particules de verre et de roche susceptibles d’endommager gravement  les moteurs et le fuselage des appareils. Plusieurs avions militaires l’ayant traversé ont été touché et devront subir de lourdes réparations. Il aurait été bien entendu tout à fait inconcevable de prendre le moindre risque alors que la sécurité des passagers n’est pas totalement assurée. C’est par conséquent avec raison que les gouvernements européens ont décidé d’interrompre l’aviation civile malgré les lourdes pertes économiques et les grandes difficultés des centaines de milliers de voyageurs.

Ce phénomène naturel, aussi rare et exceptionnel soit-il, pose un certain nombre de questions sur la gestion de cette crise, notamment en ce qui concerne la prise en charge des voyageurs. Un grand nombre de français, 85 000 selon les estimations, sont restés bloqués à l’étranger. Parmi eux, beaucoup ne furent pas en mesure d’assumer financièrement le coût de plusieurs nuitées d’hôtel supplémentaires et ont été dans l’obligation de dormir dans des conditions difficiles, parfois à même le sol des aéroports. Il n’est pas acceptable que, dans la plupart des aéroports concernés, l’accueil des voyageurs ait été d’une telle médiocrité.

Plus largement, on peut s’interroger sur l’adaptation de La Convention de Varsovie, chargée de régir tout transport international de passagers et de marchandises par voie aérienne, aux enjeux de l’aviation de masse. Cette convention date de 1929, et a été amendé pour la dernière fois en 1966 alors que le nombre de passagers-kilomètres-transportés (PKT) était d’environ 132 milliards. En 2006, ce même PKT est passé à près de 4 000 milliards, soit 30 fois plus ! Les voyageurs d’aujourd’hui sont plus nombreux, partent plus fréquemment et pour des destinations plus lointaines. Il me semble donc nécessaire d’adapter l’organisation du transport aérien de passagers à cette nouvelle donne afin de minimiser les conséquences des pagailles dont chacun d’entre-nous avons un jour été victimes ou, au moins, témoins.

Au-delà de la gestion de crise, la situation que nous connaissons aujourd’hui n’est pas sans poser de grandes interrogations sur l’avenir de notre société.  Nous observons une fuite en avant vers toujours plus de consommation, alors que les réserves naturelles s’épuisent inexorablement et que notre planète ne se porte pas bien. Un aller en avion à destination de Hong-Kong c’est, par voyageur, l’équivalent de 22 000 kilomètres en voiture. C’est aujourd’hui qu’il faut revoir notre relation à l’énergie et, par conséquent, nos modes de vie. Progrès social et progrès économique doivent aller de pair avec le progrès écologique. Nous devons refuser le repli sur soi pour adopter une imagination humaniste.

En parlant de mode de vie, je souhaite à nouveau évoquer dans ce billet hebdomadaire la question des retraites. Martine Aubry, dans une tribune publiée dans le Monde, a très justement indiqué que tout l’enjeu était d’ajouter de la vie aux années, et pas seulement des années à la vie. Aujourd’hui, il est urgent de repenser notre système de retraites pour plus de justice. Les efforts ne doivent pas, comme cela a été le cas lors des réformes de 1993 et 2003, être concentrés que sur les seuls salariés ou les retraités.  Les très hauts revenus, les produits du capital financier ou de la rente doivent aussi participer à la solidarité nationale afin de garantir des retraites décentes, dès 60 ans.  Je suis profondément attachée à l’âge légal de départ à la retraite, qui doit être aménagé pour les métiers pénibles. En tout état de cause, il est nécessaire de procéder à la plus grande concertation avec les partenaires sociaux. Force est de constater que le gouvernement n’en prend pas le chemin. Le chantage imposé aux infirmiers et infirmières ne présage rien de bon pour un gouvernement qui, sans faire de procès d’intentions, n’a pas pour le moment brillé par son écoute et sa compréhension de nos concitoyens.

Les infirmières et infirmiers n’ont pas à se plaindre que de leur seule retraite, eux qui sont dans l’obligation d’adhérer à un ordre pour exercer leur profession. L’ordre n’est pas une structure adaptée aux infirmiers et infirmières non libéraux, qui représentent 86% de la profession, et qui rejettent massivement le principe de l’adhésion et de la cotisation obligatoire. Il existait pourtant des alternatives à la création d’un ordre supplémentaire quand les revendications professionnelles sont totalement légitimes. Leur multiplication traduit une vision éclatée de la gestion du système de soins alors que chacun s’accorde à penser que les besoins de travailler en réseau sont prégnants.

Pour conclure cette semaine politique sur une note régionale, notre Conseil Régional du Nord – Pas de Calais s’installe. Il a pour vocation de porter des projets ambitieux dans un cadre budgétaire difficile. Malgré les difficultés, les engagements seront tenus.

 

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