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Archive pour février, 2010

De faux problèmes mise en exergue et des vrais problèmes ignorés ou la chronique habituelle du gouvernement

Le gouvernement a besoin de boucs émissaires pour tenter de faire oublier, au moins provisoirement, son incapacité à répondre de manière efficace à la crise.  Après les étrangers (musulmans) du débat sur l’identité nationale, ce sont désormais les fonctionnaires qui sont sur la sellette, cloués au pilori de la vindicte gouvernementale. Ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne suffisait pas, pour la Droite il faut désormais remettre en cause ce qui fait leur spécificité intrinsèque, c’est à dire leur statut. C’est bien de cela dont il s’agit lorsque l’on appréhende le projet de décret d’application de la loi du 3 août 2009 relatif à la mobilité des fonctionnaires : on a la mise en place d’un processus où l’agent peut perdre son emploi, son salaire, non pour une faute mais à cause d’une réorganisation de service.  Ce n’est pas acceptable. Le risque de dérives est réel. Demain, il sera facile de se débarrasser d’un fonctionnaire qui ne rentre pas dans le moule voulu par le gouvernement : une fois son poste supprimé pour raisons de réorganisation, il suffira de proposer à l’agent concerné des postes qui ne correspondent pas à ses compétences. En cas de refus, il sera alors mis en disponibilité, qui constituera dans ce cas une sorte de dispositif de pré-licenciement au cours duquel il ne percevra ni salaire ni indemnités chômage. Par la suite, si le pré-licencié refuse toujours les postes qu’on lui propose, il perdra définitivement sa qualité de fonctionnaire.  Ce faisant, il s’agit non seulement de pouvoir se débarrasser de nombreux fonctionnaires dans la ligné de la révision générale des politiques publiques (RGPP) de 2007, mais aussi d’affaiblir leur indépendance et leur neutralité qui sont à la base des grands principes qui fondent nos services publics.

Plutôt que de s’attaquer aux fonctionnaires, c’est à dire aux policiers, aux professeurs, aux magistrats, aux infirmières… c’est à la précarité que notre gouvernement devrait s’atteler à combattre. Où est le volontarisme du Président de la République lorsque l’on sait que près de 3,5 millions de nos concitoyens dont 600 000 enfants souffrent du mal logement ? Pourtant, ce que coûte aujourd’hui le logement social n’est rien en comparaison avec le coût du mal logement pour la collectivité. L’Etat dépense 1 million d’euros chaque jour pour loger des familles entières dans des hôtels. Mais, au delà, vivre aujourd’hui dans un habitat indigne ou insalubre, c’est hypothéquer sa santé, les résultats scolaires de ses enfants et ses chances d’accéder à l’emploi pour ceux qui en sont dépourvus. Ou est le volontarisme du Président de la République lorsque l’on sait que qu’il y aura, selon pôle emploi, un million de chômeurs en fin de droits de plus fin 2010, un chiffre en hausse « d’environ 18% », et que 400 000 d’entre eux n’accéderont pas aux minimas sociaux ?  Voilà des sujets qui posent véritablement problème et qui auraient mérité de mobiliser l’énergie d’un gouvernement perdu dans de stériles débats d’identité.

Samedi a vu le lancement de la campagne des élections régionales. Nous avons  6 semaines pour faire connaître les réussites de notre bilan mais, aussi et surtout, de l’acuité de nos propositions pour répondre aux grands enjeux d’une région Nord – Pas de Calais au cœur de la modernité.  Les élections des 14 et 21 mars prochain constitueront sans aucun doute un vote sanction contre une Droite qui reste enfermée dans un modèle libéral d’un autre temps dont nos concitoyens ne veulent plus. Je crois aussi qu’elles prouveront le souhait massif des électeurs de poursuivre la politique de gauche des régions qui permet, en collaboration avec les Conseils Généraux, les intercommunalités et les communes, de constituer un véritable bouclier institutionnel contre la crise. Chacun doit avoir conscience que les compétences (obligatoires et facultatives) des Régions sont les instruments de cette protection : cette élection doit être également l’occasion de refuser le bridage des collectivités que souhaite le gouvernement par le biais de la réforme territoriale. J’ai pleinement confiance en nos capacités collectives et en la clairvoyance de nos concitoyens. A cet égard, si les sondages sont très encourageants, il faut nous garder de considérer que les résultats seraient acquis d’avance.  Le travail est devant nous.

Pour conclure, je souhaite exprimer mon trouble devant l’affaire du voile d’une candidate du NPA. Une candidature politique est un acte éminemment public, dans lequel la religion n’a pas sa place. Il ne s’agit pas d’une question de tolérance, mais de laïcité. Les convictions religieuses sont l’affaire de chacun et sont tout à fait respectables quelque soit leur nature, mais elles appartiennent à la sphère privée et doivent y rester. Je rejoins par conséquent pleinement la position de Martine Aubry sur le sujet.

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