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Archive pour février, 2010

Refusons la voie du laisser-aller

La voie du laisser-faire économique mène à l’impasse. Ce constat s’applique aussi aux politiques menées par l’Union Européenne. Alors qu’elle doit faire face à une crise économique d’une ampleur et d’une violence jusqu’ici inégalées, le peu d’ambition affichée par José Manuel Barraso, Président de la Commission européenne tout récemment reconduite,  n’est pas sans m’inquiéter.

Bien sûr, l’Europe du commerce a été une réussite indéniable : elle a été une véritable source de croissance pour notre pays, qui a beaucoup gagné à l’ouverture des frontières. Mais le chantier reste inachevé : l’Europe de la solidarité a été laissée au bord du chemin de la construction européenne.

Année après année, l’Europe a abandonné le dessein humain voulu par ses pères fondateurs pour s’engager dans la voie du libéralisme pur et dur, c’est-à-dire dénué des mécanismes de régulation économiques et sociaux essentiels. Nous payons aujourd’hui le prix fort de cette absence de vision. Et, au vu des premiers « actes » de la Commission « nouvelle formule », il ne me semble pas que nous assistions à une quelconque prise de conscience. Je fais ici notamment référence au soutien de pure forme accordé à la Grèce ou à l’Espagne, alors que les graves difficultés rencontrées par ces pays mériteraient un peu plus de considération et de solidarité.

Plus largement, je regrette l’absence d’un (réel) plan de relance européen. Son existence aurait permis de catalyser les énergies sur un nouveau projet collectif afin de mieux résister à la crise. Aujourd’hui, la France souffre d’une Europe trop faible, qui n’a pas su se donner les moyens de ses ambitions. Il est temps de dépasser le plus petit dénominateur commun pour nous engager dans une Europe solidaire et sociale.

Soyons clairs, il ne faut pas compter pour cela sur notre gouvernement. Lui qui, plus royaliste que le roi, n’hésite pas aller au delà des recommandations des plus libéraux des commissaires européens lorsqu’il s’agit d’affaiblir les services publics (la Poste, notamment) tout en faisant semblant de déplorer une situation qui lui serait imposée par ces mêmes commissaires. L’hypocrisie ne semble pas avoir de limites.

Alors que  le Président de la République s’auto-satisfait de la bonne gestion des comptes publics dont il ferait preuve, la Cour des Comptes a récemment rendu son rapport qui démontre l’incurie de l’Etat, notamment en ce qui concerne le cout disproportionné des niches fiscales qui a couté 70,7 milliards d’euros au budget de l’Etat.

Dans un autre domaine, l’actualité de la semaine nous donne un nouvel exemple d’hypocrisie avec le phénomène de criminalisation des mineurs. On s’offusque, avec raison, de ces jeunes mis en garde à vue à tort et à travers. On entend même le Président du groupe parlementaire de l’UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Coppé, condamner des « pratiques pour le moins troublantes au regard du respect des libertés ». Comment, en effet, justifier que l’on menotte des adolescents pour avoir pris un bus avec un titre de transport non valable pendant les vacances scolaires ? Toutefois, Monsieur Coppé oublie de préciser, c’est bien la Droite, et au premier chef le Président de la République, qui est responsable de cette situation : c’est elle qui a engagé depuis 2002 un ensemble de réformes de l’ordonnance de 1945 qui sont venues renforcer la criminalisation des mineurs, c’est elle qui a supprimée la police de proximité pour la remplacer par une police du chiffre.  Comme chacun peut le constater au quotidien ou à la lecture des statistiques, l’échec de la politique du tout répressif est patent.

La sécurité est un droit. Et c’est justement parce que nous sommes attaché à ce droit que nous croyons à un autre modèle de résolution des problèmes de délinquance. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les conséquences, plutôt que de créer une nouvelle forme de violence et d’arbitraire qui autoalimentera une spirale sans fin de haine et de ressentiment, il faut nous attacher à combattre ce phénomène à la source, c’est à dire à prévenir les comportements délictueux. Il ne s’agit pas de faire preuve de faiblesse, comme voudrait le faire croire la Droite, mais de responsabilité en prenant à bras le corps cette problématique dans toute sa complexité.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les socialistes soutiennent les professeurs en grève dans de plus en plus de lycées. Ils demandent plus de moyens éducatifs, car ils sont les premiers conscients que c’est le seul moyen de donner un autre avenir à de nombreux jeunes qui, en dehors du système éducatif, n’ont pour perspective que le chômage, la délinquance ou l’argent facile qui mène invariablement à la case prison.

Pour conclure sur une note régionale, j’invite les lecteurs arrageois du blog à lire dans ces prochains jours la presse locale. Nous avons en effet ce vendredi matin tenu une conférence de presse afin de nous présenter, en tant que candidats aux régionales issus de la 1ère et 2ème circonscription du Pas-de-Calais, et exprimer nos motivations politiques. Le fil conducteur de nos interventions respectives a été celui du refus de la voie du laisser aller et de la résignation.

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