• Accueil
  • > Archives pour juillet 2009

Archive pour juillet, 2009

« Travailler plus, pour perdre plus »

La loi sur le travail du dimanche a été adoptée de justesse. Face à un texte particulièrement controversé, nombreux sont les députés de la majorité qui se sont senti tiraillés entre, d’un coté,  l’obligation de respect de la discipline de leur parti et, de l’autre, leurs convictions personnelles. Les députés socialistes considèrent que cette loi est tout aussi inutile que dangereuse et profondément inégalitaire.
Inutile, car les Français ne dépenseront pas le dimanche ce qu’ils n’ont pas le reste de la semaine. Faire croire que l’ouverture dominicale pourrait être un moteur de la croissance revient à jeter de la poudre aux yeux à nos concitoyens. La plupart d’entre eux ne sont pas dupes et s’interrogent avec raison de l’intérêt de remplacer un jour consacré à la famille, de loisirs et de repos par un nouveau jour de consommation.

Dangereuse, car les salariés n’auront pas véritablement le choix. Le volontariat est un leurre. Qui peut croire qu’un demandeur d’emploi exprimera son refus de travailler le dimanche au moment d’un entretien d’embauche? Ce sont les travailleurs les plus précarisés sur le marché du travail qui souffriront le plus de cette introduction du travail le dimanche, leurs conditions de travail et d’existence seront encore plus affectées.

Inégalitaire, car la loi instaure une différence entre les salariés travaillant dans un périmètre d’usage de consommation exceptionnelle (Puce) et les autre salariés. Quoi que l’on pense de la généralisation du travail du dimanche, la moindre des choses eût été d’accorder une égalité de traitement entre salariés. La majoration devrait être une évidence et pourtant, si dans les PUCE, les salariés percevront une rémunération double, ceux des zones touristiques et thermales ne bénéficieront d’aucune contrepartie obligatoire.

Sous couvert de modernité, cette mesure entretien l’argument délétère selon lequel le seul salaire n’est pas suffisant pour vivre au quotidien et qu’il faut par conséquent compléter le revenu d’heures supplémentaires. Or, celles-ci sont un complément de revenu aléatoire dont l’accès est laissé à la discrétion du chef d’entreprise. Il faut reprendre les négociations sociales dont la négociation salariale, relations dignes entre l’employé et l’employeur. Par ailleurs, et au delà de tout ces arguments, il s’agit aussi d’une question de solidarité. Sous prétexte d’apporter un plaisir aux uns, la loi exerce une contrainte sur les autres : en tant que citoyens, responsables et respectueux de l’autre, nous ne pouvons l’accepter.

La session parlementaire s’achève avec l’examen  de la loi HADOPI II qui, s’il ne diffère en rien de la logique du texte précédemment adopté par l’Assemblée Nationale, opère un nouveau tour de vis dans la criminalisation des internautes.

Les lacunes d’origine du texte, bien connues, demeurent. En s’entêtant dans une démarche uniquement répressive qui a pourtant démontré depuis plusieurs années sa totale inefficacité, le projet de loi HADOPI s’enferme dans une logique de perdant – perdant. Perdant pour les artistes qui ne toucheront pas un seul euro alors que le pillage de leurs œuvres perdurera par des techniques de contournement qui existent déjà. Perdant pour les familles qui se verront couper l’accès à l’internet (mais pas les factures) et frappés de lourdes amendes sous prétexte des agissements d’un de ses membres ou d’un tiers ayant piraté leur connexion. Perdant pour les internautes qui subiront une surveillance inédite dans un pays démocratique de leurs faits et gestes. Du point de vue culturel, la « philosophie » du texte est dramatique, elle créée des barrières tout à fait artificielles entre le citoyen et l’artiste. Un autre modèle, plus humaniste,  permettant leur rencontre aurait pourtant été possible dans le cadre d’un gagnant-gagnant où les intérêts des uns rejoindraient ceux des autres. L’art et la culture dans notre pays s’en seraient retrouvés grandis.

Le vote de la loi aura lieu à la rentrée de septembre. Souhaitons que cette pause parlementaire porte conseil à la majorité. Il est temps que le parlement légifère dans l’intérêt des Français, dans le respect de ce qui fait la spécificité de notre pays et de son mode de vie, plutôt que de  singer un modèle ultralibéral du point de vue économique et ultraconservateur du point de vue sociétal.

12345...8

MARS Centrafrique |
Bling-bang-blog du 6 mai |
Le vécu Algérien |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Blog "Ensemble, dynamisons ...
| EUROPAC PAPETERIE DE ROUEN
| DES IDEES ET DES REVES Nord