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Archive pour octobre, 2008

Emploi : un plan gouvernemental loin d’être à la hauteur des enjeux

Le Président de la République Nicolas Sarkozy vient d’annoncer son plan d’action pour lutter contre le chômage, dont la principale mesure est la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires, portant leur nombre total à 300 000 en 2009.

Et pourtant, durant l’été 2007, le gouvernement avait décidé d’engager l’abandon progressif des contrats soutenus par l’Etat.

Sans concertation préalable et en l’espace de quelques mois, les crédits de tous les contrats aidés en direction du secteur associatif ont été supprimés, mettant ainsi en difficulté nombre d’associations et, au premier chef, tous les bénéficiaires des CAE (Contrat d’Accompagnement à l’Emploi) et CAV (Contrat d’Avenir) du secteur qui perdent alors tout espoir de renouvellement.

Dans le même temps, les contrats aidés dans les secteurs médicaux et scolaires ont fait l’objet de coupes sombres d’une violence rare, au mépris total de la situation souvent difficile des bénéficiaires. J’ai personnellement constaté, lors de mes nombreuses permanences en circonscription, les conséquences dramatiques engendrées par les décisions de non renouvellement : qu’ils soient célibataires, pères de familles ou, plus fréquemment encore, femmes isolées élevant un ou plusieurs enfants, tous m’ont fait part de la véritable tragédie que revêtait pour eux la perte de leur CAE ou CAV. Car si l’on vit mal avec un salaire maximum de ¾ du SMIC, on ne peut survivre sans.

Il y a peine un an, Nicolas Sarkozy employait toute son énergie à supprimer les contrats aidés. Aujourd’hui, alors que les conséquences désastreuses de sa politique économique, accentuée par la crise financière mondiale, touchent de plein fouet nos concitoyens, le Président jette de la poudre aux yeux aux Français en espérant que cela suffira à les aveugler sur sa politique digne d’un mauvais tour de passe-passe. Cela ne prend pas : il y aura moins de contrats aidés en 2009 qu’il n’y en avait en 2007.

Parmi les autres mesures proposées, il y a l’ouverture dominicale des magasins. J’y suis opposée pour trois raisons. D ‘abord parce que, par tradition, le dimanche est le seul jour possible de rencontre avec la famille et les amis, mais aussi et surtout parce que cette mesure entretien l’argument délétère selon lequel le seul salaire n’est pas suffisant pour vivre au quotidien et qu’il faut par conséquent compléter le revenu d’heures supplémentaires. Les heures supplémentaires sont un complément de revenu aléatoire dont l’accès est laissé à la discrétion du chef d’entreprise. Il faut reprendre les négociations sociales dont la négociation salariale, relations dignes entre l’employé et l’employeur. Enfin, parce que les arguments avancés par le gouvernement démontrent que la Droite n’a décidément rien compris aux difficultés des Français. Lorsque le porte-monnaie est vide, il est vide et cela quand bien même les magasins resteraient ouverts 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Croire que l’ouverture des magasins sera de façon durable un moteur de la consommation, c’est l’archétype de la politique par l’absurde, à l’image d’un commerçant qui ne trouvait rien d’autre pour augmenter sa clientèle que d’augmenter ses stocks.

Ce plan est une formidable occasion gâchée, qui ne répond en rien aux enjeux et à la gravité de la situation. Afin de répondre aux formidables enjeux de la crise, les socialistes proposent un plan en 10 points, basé sur le soutien de la croissance. C’est la croissance qui crée l’emploi. C’est pourquoi l’investissement, le pouvoir d’achat et l’emploi doivent être les trois piliers de la politique économique.

1. Modulation de l’impôt sur les sociétés pour favoriser l’investissement productif.

2. Mise en place de structures régionales chargées d’impliquer concrètement les banques dans le soutien aux PME/PMI qui ont des besoins de crédits, en regroupant les représentants des collectivités territoriales, les banques, l’Etat et les représentants des entreprises par bassin d’emploi.

3. Suppression du mécanisme de défiscalisation des heures supplémentaires : d’un montant de 5,5 milliards d’euros par an, ce dispositif contribue gravement à l’augmentation du chômage en rendant l’heure supplémentaire moins chère à l’entreprise que l’embauche. En période de crise, un tel mécanisme aboutit à une logique de destruction d’emplois sur fonds publics.

4. Les recettes de l’abandon de ce mécanisme doivent permettre de financer le manque à gagner des salariés placés d’autorité en chômage technique.

5. Engagement rapide d’une négociation salariale. Les exonérations de cotisations sociales seront subordonnées à la conclusion effective d’accords salariaux dans les branches ou les entreprises.

6. Coup de pouce au SMIC dès janvier prochain, revalorisation des allocations familiales et généralisation du chèque transport.

7. Remise en cause immédiate du budget 2009 pour l’emploi qui prévoit une baisse de 600 millions d’euros.

8. Annulation de la baisse des effectifs dans la fonction publique : le projet de budget 2009 prévoit le plus grand plan social du pays avec la suppression de 30 000 postes.

9. Création des contrats de conversion pour tous les salariés frappés de licenciement dans les entreprises de moins de 1000 salariés. Renforcement des moyens et de l’accompagnement des conventions de reclassement personnalisées pour les salariés licenciés d’entreprises de plus de 1000 salariés.

10. Réforme de la formation professionnelle : transparence des sources de financement, temps de formation inversement proportionnel à la formation initiale, accent mis sur la reconversion des salariés frappés de restructuration…. 

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