Les chômeurs seraient-ils coupables de ne pas trouver de travail ?

La loi sur les « droits et devoirs » des demandeurs d’emploi a été définitivement votée la semaine dernière, et n’attend plus que ses décrets d’application pour entrer en vigueur.

Elle pose le principe selon lequel le demandeur d’emploi pourra se voir sanctionné s’il refuse « deux offres raisonnables d’emploi ». Une notion à géométrie variable peu « raisonnable » car plus le temps passe plus la définition de l’offre qu’il sera tenu d’accepter sera large. Ainsi, un demandeur d’emploi se devra d’accepter sans discuter un Contrat à Durée Déterminée se trouvant à 1 heure de trajet de son domicile.

C’est cette même loi qui supprime progressivement la dispense de recherche d’emploi des séniors. Dès l’an prochain, la dispense s’appliquera à partir de 58 ans pour une disparition totale en 2012.

Le gouvernement fait reposer la responsabilité d’une problématique complexe sur les seuls demandeurs d’emplois. C’est une caricature de la réalité, révélatrice d’une tentative, qui dure déjà depuis de longs mois, de culpabilisation et de stigmatisation des chômeurs, et ce, quel que soit leur âge.

Ces dispositions reviennent à faire un amalgame absolument insupportable entre chômeurs et fraudeurs. La fraude existe, et doit être bien évidemment combattue, mais reste très marginale (0,15 % du Budget de l’Assedic en 2006 – source : Les échos du 10 septembre 2007). En réalité, l’immense majorité des demandeurs d’emploi souffrent de leur situation ; contraints de vivre avec des allocations de chômage souvent très faibles, ils sont en plus stigmatisés comme s’il s’agissait de la nouvelle noblesse du XXIème siècle vivant sur le dos du tiers état qui « se lève tôt ». Il n’est pas acceptable de casser le lien de solidarité de notre nation.

Monter une partie de la population contre l’autre sur des fantasmes ne mènera à rien de bon pour notre société. En prenant comme point de départ une mauvaise analyse, le gouvernement ne peut qu’aboutir à de mauvaises solutions, à l’instar de la récente loi sur le temps de travail qui signe la fin des Réductions du Temps de Travail pour les cadres.

En usant et abusant des formules à l’emporte-pièce du style « travailler plus pour gagner plus » ou « remettre la France au travail »… Le gouvernement méconnait d’abord la réalité économique d’un des pays les plus productifs au monde. Il méconnait plus encore la qualité de vie nouvelle offerte aux cadres par les 35 heures, et dont la plupart d’entre eux refusent le véritable retour en arrière auquel ils seront malgré tout contraints par l’aveuglement idéologique de la Droite.

Au delà de la casse des 35h, la durée légale du temps de travail se définira entreprise par entreprise. Les repos compensateurs seront très largement compromis. Le gouvernement renie la place de l’être humain, renie le fait que la qualité des conditions de travail est le meilleur moteur d’une bonne productivité.

Commentaires

  1. marjoledino dit :

    Et oui, je suis dans ce cas. Au chômage mais travaillant par intermittence dans l’animation. Certains mois, je perds même de l’argent par rapport à ce que je toucherai normalement aux assédics. Quant aux offres raisonnables j’espère que ce ne sera pas du genre de celle qu’ils m’ont faite récemment. Un emploi en CDI dans l’animation (jusque là cà va…). Le hic c’est que c’était pour un temps partiel qui ne me payait même pas mon loyer !
    Mais je ne désespère pas… un jour je vivrai de mes contes pour la jeunesse… Oups… Je suis une rêveuse convaincue !
    Bonne journée à vous,
    Marjolaine

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